[Note 114: ][ (retour) ] «Postea promiscuè patuit usus rei, quà constat immortalitas hominum... Chartæ usu maximè humanitas constat in memoria.»
Plin. l. 19, cap. 1. Linum. Le lin est une plante dont l'écorce est pleine de filets qui servent à faire de la toile déliée. On avait en Égypte une adresse merveilleuse pour le préparer et le travailler, les fils qu'on en tirait étant d'une si grande finesse, qu'ils échappaient presque à la vue. Les prêtres n'y étaient vêtus que de lin, et jamais de laine, et c'était aussi l'habillement ordinaire des personnes considérables. On en faisait un grand commerce, et il s'en transportait beaucoup dans les pays étrangers. Ce travail occupait un grand nombre de personnes en Égypte, sur-tout parmi les femmes, comme on le voit dans l'endroit d'Isaïe où ce prophète menace l'Égypte d'une affreuse sécheresse qui en fera cesser tous les travaux: Is. 19, 9. Exod. 9, 31. Confundentur qui operabantur linum, pectentes et texentes subtilia. On voit aussi dans l'Écriture que l'un des effets de la grêle que Moïse fit tomber en Égypte fut de ruiner tout le lin qui commençait déjà à monter en graine: c'était au mois de mars.
Plin. Ibid. Byssus. C'était une autre espèce de lin [115], extrêmement fin et délié, qui était souvent teint en pourpre. Il était fort cher, et il n'y avait que les gens riches et aisés qui s'en vêtissent. Pline, qui donne la première place au lin incombustible, met celui-ci après, et [116] dit qu'il servait à la parure et à l'ornement des dames. Il paraît, par l'Écriture sainte, que c'était de l'Égypte Ezech. 27. sur-tout qu'on tirait les toiles composées de cette espèce de lin: byssus varia de Ægypto texta est tibi.
[Note 115: ][ (retour) ] Forster (de bysso) et Larcher ont prouvé que le byssus était le coton. (Voyez plus haut, p. 69.)--L.
[Note 116: ][ (retour) ] «Pioximus byssino, mulierum maxime deliciis... genito.»
Je ne parle point du lotus, plante fort commune et fort estimée en Égypte, dont la graine servait autrefois à faire du pain [117]. Il y avait un autre lotus en Afrique, qui a donné son nom aux lotophages, parce qu'ils Odys. l. 9. v. 84-102. vivaient du fruit de cet arbre [118], fruit d'un goût si délicieux, s'il en faut croire Homère, qu'il faisait oublier à ceux qui en mangeaient toutes les douceurs de la patrie, comme Ulysse l'éprouva à son retour de Troie.
En général les légumes et les fruits étaient excellents en Égypte, et auraient pu [119], comme Pline le remarque, suffire seuls pour la nourriture, tant la bonté et l'abondance en étaient grandes; et en effet les ouvriers ne vivaient presque d'autre chose, comme on le voit dans ceux qui travaillaient aux pyramides.
[Note 117: ][ (retour) ] Et dont on mangeait la racine. Le lotus est une plante aquatique, espèce de nymphæa.--L.
[Note 118: ][ (retour) ] Ce lotus est une espèce de jujubier, selon M. Desfontaines.--L.
[Note 119: ][ (retour) ] «Ægyptus frugum quidem fertilissima, sed ut propè sola iis carere possit, tanta est ciborum ex herbis abundantia.» (Plin., lib. 21, cap. 15.)