On y avait peint aussi le roi, qui offrait aux dieux l'or et l'argent qu'il tirait chaque année des mines d'Égypte, qui montaient à la somme de seize millions [131].

[Note 129: ][ (retour) ] A Thèbes.--L.

[Note 130: ][ (retour) ] C'était son tombeau.--L.

[Note 131: ][ (retour) ] Trois mille deux cents myriades de mines. = Rollin a voulu dire seize cent millions; car les trois mille deux cents myriades ou 32,000,000 de mines d'argent, 533,000 talents, valent 1,599,000,000 fr., d'après l'évaluation du talent, suivie par Rollin, ou les talents dont il est question ici sont de fort peu de valeur, ou les prêtres en ont imposé à Diodore de Sicile.--L.

Non loin de là paraissait une magnifique bibliothèque, la plus ancienne dont il soit parlé dans l'histoire; elle avait pour titre: le trésor des remèdes de l'ame. Près de cette bibliothèque on avait placé des statues de tous les dieux d'Égypte, à chacun desquels le roi offrait des présents convenables; par où il semblait vouloir annoncer à la postérité que pendant sa vie il avait eu le bonheur de montrer toujours beaucoup de piété envers les dieux et de justice envers les hommes.

Son tombeau était d'une magnificence extraordinaire. Il était environné d'un cercle d'or qui avait une coudée de largeur, et trois cent soixante-cinq coudées de circuit [132], sur chacune desquelles étaient marqués le lever et le coucher du soleil, de la lune et des autres constellations; car dès-lors les Égyptiens divisaient l'année en douze mois, chacun de trente jours, et après le douzième mois ils ajoutaient chaque année cinq jours [plus haut, p. 76.] et six heures. On ne savait ce qu'on devait le plus admirer dans ce superbe monument, ou la richesse de la matière, ou l'art et l'industrie des ouvriers.

Diod. p. 46. UCHORÉUS, l'un des successeurs d'Osymandyas, bâtit la ville de Memphis [133]. Elle avait cent cinquante stades de circuit [134], c'est-à-dire plus de sept lieues. Il la plaça à la pointe du Delta, à l'endroit où le Nil se partage en plusieurs branches. Du côté du midi, il fit une levée fort haute. A droite et à gauche, il creusa des fossés très-profonds [135] pour y recevoir le fleuve. Ils étaient revêtus de pierres, et, du côté de la ville, rehaussés par de fortes chaussées: le tout pour mettre la ville en sûreté et contre les inondations du Nil, et contre les attaques des ennemis. Une ville si avantageusement située, et si bien fortifiée, qui était comme la clef du Nil, et qui par là dominait sur tout le pays, devint bientôt la demeure ordinaire des rois. Elle demeura en possession de cet honneur jusqu'au temps où Alexandre-le-Grand fit bâtir Alexandrie.

[Note 132: ][ (retour) ] Il est permis de douter de l'existence de ce merveilleux cercle d'or, qui avait 192 mètres (590 pieds) de circonférence; car Diodore n'a pu le décrire que d'après le récit des prêtres, attendu qu'il avait été détruit cinq siècles auparavant par Cambyse. (I, § 49.)--L.

[Note 133: ][ (retour) ] Bâtie par Ménès, selon Hérodote.--L.

[Note 134: ][ (retour) ] Environ 31,620 mètres, environ 6 lieues; mais peut-être s'agit-il du petit stade (V. plus bas, p. 101): dans ce cas, la mesure se réduit à 3 lieues.--L.