Je ne traiterai ici que la première partie, réservant les deux autres pour les temps qui leur sont propres.
ROIS D'ÉGYPTE.
AN. M. 1816 AV. J.C. 2188 MÉNÈS. Tous les historiens conviennent que Ménès est le premier roi d'Égypte. On prétend, et ce n'est point sans fondement, qu'il est le même que Mesraïm, fils de Cham.
Cham était le second fils de Noé. Lorsque la famille de ce dernier, après la folle entreprise de la tour de Babel, se dispersa en différentes contrées, Cham tourna du côté de l'Afrique: et c'est lui sans doute qui dans la suite y fut honoré comme dieu sous le nom de Jupiter Ammon. Il avait quatre enfants: Chus, Mesraïm, Phuth Gen. 10, 6. et Canaan. Chus s'établit en Ethiopie; Mesraïm dans l'Égypte, qui, dans l'Écriture, est le plus souvent appelée de son nom et de celui de Cham son père; Phuth, dans la partie de l'Afrique qui est à l'occident de l'Égypte; et Canaan, dans le pays qui depuis a porté son nom. Les Cananéens sont certainement le même peuple que les Grecs nomment presque toujours Phéniciens, sans qu'on puisse rendre raison ni de ce nom étranger, ni de l'oubli du véritable.
Herod. l. 1, cap. 99. Diod. lib. 1, pag. 42. Je reviens à Mesraïm. On convient que c'est le même que Ménès, que tous les historiens donnent pour le premier roi d'Égypte. Ils disent que c'est lui qui y établit le premier le culte des dieux et les cérémonies des sacrifices.
BUSIRIS, assez long-temps après, bâtit la fameuse ville de Thèbes, et y établit le siège de l'empire [127]. Nous avons parlé ailleurs de la magnificence et des richesses de cette ville. Ce n'est pas le Busiris connu par sa cruauté [128].
[Note 127: ][ (retour) ] Diodore de Sicile compte deux rois de ce nom: le premier a régné 1400 ans après Ménès; et l'autre est le huitième successeur du premier: c'est à celui-ci qu'il attribue la fondation de Thèbes. (I, § 45.)--L.
[Note 128: ][ (retour) ] Strabon (XVII, pag. 802), et Diodore de Sicile (§ 45 et 88), nient l'existence de ce Busiris, et traitent de fables tout ce que les Grecs en ont dit. Marsham et Newton sont de l'avis de ces deux auteurs.--L.
Diod. lib. 2, pag. 44, 45. OSYMANDYAS. Diodore décrit fort au long plusieurs édifices magnifiques que ce prince avait fait construire [129], dont l'un entre autres [130] était orné de scupltures et de peintures d'une beauté parfaite, qui représentaient son expédition contre les Bactriens, peuple de l'Asie, qu'il avait attaqués avec une armée de quatre cent mille hommes de pied, et de vingt mille chevaux. On y voyait, dans un autre endroit, une assemblée de juges, dont le président portait au cou une image de la Vérité, qui avait les yeux fermés, et avait autour de lui un grand nombre de livres; symbole énergique, qui marquait que les juges devaient être instruits des lois, et juger sans acception de personnes.