DÉJÀ PARUS DANS LA MÊME COLLECTION
(Mai 1930)
| 1. P. Bourget, Le Danseur mondain. |
| 2. H. Bordeaux, La Maison morte. |
| 3. J. et J. Tharaud, L’Ombre de la Croix. |
| 4. H. de Balzac, Une Ténébreuse Affaire. |
| 5. K. About, Tolla. |
| 6. G. Acremant, Ces Dames aux chapeaux verts. |
| 7, 8 et 9. A. Dumas, Les Compagnons de Jéhu (I, II, III). |
| 10. F. Dostoievsky, Netotchka. |
| 11. E. Pérochon, Nêne (Prix Goncourt 1920). |
| 12. A. Lichtenberger, Petite Madame. |
| 13. J.-H. Rosny aîné, Dans les rues. |
| 14. J.-L. Vaudoyer, La Maîtresse et l’Amie. |
| 15. H. de Régnier, Romaine Mirmault. |
| 16. H. Bordeaux, La Neige sur les Pas. |
| 17. J. d’Esme, Les Dieux Rouges. |
| 18. E. Jaloux, L’Eventail de Crêpe. |
| 19 et 20. P. Bourget, Le Démon de Midi, 2 vol. |
| 21. E. Rhais, Le Café chantant. |
| 22. J. Aicard, Benjamine. |
| 23. A. Daudet, Les Rois en Exil. |
| 24. L. Tolstoi, Katia. |
| 25. H. Ardel, La Nuit tombe. |
| 26. E. Wharton, Sous la Neige. |
| 27. P. Mérimée, Colomba. |
| 28. G. d’Houville, Le Temps d’aimer. |
| 29. P. Arène, Jean-des-Figues. |
| 30. H. Bordeaux, La Robe de Laine. |
| 31. L. Descaves, L’Hirondelle sous le Toit. |
| 32. E. Pérochon, La Parcelle 32. |
| 33. P. Bourget, Un Drame dans le Monde. |
| 34. T. Hardy, La Bien-Aimée. |
| 35. F. Mistral, Mes Origines, Mémoires et récits. |
| 36. J. de la Brète, Mon Oncle et mon Curé. |
| 37. T. Gautier, La Belle-Jenny. |
| 38. J. Kessel et Iswolsky, Les Rois aveugles. |
| 39. E. Jaloux, Le Reste est silence. |
| 40. T. Gautier, Le Roman de la Momie. |
| 41. G. Chérau, Champi-Toriu. |
| 42. F. L. Barclay, La Châtelaine de Shenstone. |
| 43. J. et J. Tharaud, Marrakech ou les Seigneurs de l’Atlas. |
| 44. N. Larrouy, L’Odyssée d’un transport torpillé. |
| 45. P. Bourget, La Geôle. |
| 46. J. Balde, La Vigne et la Maison (Prix Northcliffe 1923). |
| 47. P. Morand, Rien que la Terre. |
| 48. H. de Montherlant, Les Bestiaires. |
| 49. H. Bordeaux, La Croisée des Chemins. |
| 50. H. Ardel, La Faute d’Autrui. |
| 51. E.-M. de Vogué, Jean d’Agrève. |
| 52. M. Piéchaud, Vallée heureuse. |
| 53. D. Lesueur, Flaviana, princesse. |
| 54. J. London, Croc-Blanc. |
| 55. J. et J. Tharaud, Dingley, l’illustre écrivain (Prix Goncourt 1906). |
| 56. G. Lechartier, La Confession d’une femme du monde. |
| 57. Stendhal, L’Abbesse de Castro. |
| 58. P. Bourget, Le Disciple. |
| 59. M. Barrès, Un Jardin sur l’Oronte. |
| 60. E. Pérochon, Les Creux-de-Maisons. |
| 61. E. Henriot, Aricie Brun ou les vertus bourgeoises. |
| 62. P. Lhande, Mirentchu. |
| 63. J.-O. Curwood, La Vallée du Silence. |
| 64. D. Lesueur, Chacune son rêve. |
| 65. J. et J. Tharaud, L’An prochain à Jérusalem. |
| 66. P. Bourget, Les détours du cœur. |
| 67. E. Feydeau, Fanny. |
| 68. A. Daudet, La petite paroisse. |
| 69. C. Silvestre, Aimée Villard, fille de France. |
| 70. T. Dostoievsky, Le joueur. |
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Droits de reproduction et de traduction réservés
pour tous pays, y compris l’U. R. S. S.
AIMÉE VILLARD
FILLE DE FRANCE
IN DECORAM
PVRISSIMAMQVE MEMORIAM
EJVS QVAM ANGELI
TERRIS INVIDEBANT
I
Ce dimanche de la Passion du Sauveur, Aimée Villard s’était levée avant que le ciel eût blanchi. Toute la nuit, le vent avait couru par la campagne et dans les nuages. Le jour était sorti des collines lavées par de brusques pluies. Et dans l’air, tournaient des courants tièdes et des odeurs de terre en travail.
Au petit domaine de la Genett, la besogne ne manquait pas. La maison paysanne était plantée sur le roc; une terrasse la précédait, et face au seuil s’ouvrait une vaste salle, à la cheminée profonde. Près de la fenêtre qui donnait sur le verger, l’horloge de bois rouge battait; son disque allant et venant amusait les yeux et invitait à la vaillance; elle sonnait à coups pressés qui semblaient dégringoler les uns sur les autres, du panier fleuri, honneur d’un cadran bien émaillé. Non loin était placé le coffre à pétrir le pain. Et dressée au centre, plus longue que large, la table de cerisier luisait, polie par le coude des maîtres et des journaliers. En face, tournée vers la porte, la commode surmontée des barres du vaisselier montrait en bonne lumière les plats, les assiettes, les pots où les bleus, les rouges et les jaunes, étalés par un rustique pinceau, chantaient ensemble. Sur le côté, à main droite, près de l’échelle qui montait au grenier, était la chambre où couchaient Aimée, ses deux petites sœurs Yvonne et Ernestine, et le petit Jean. Dans la salle à manger et à cuisiner, la mère Villard et son homme Pierre couchaient dans un lit bourré de couettes et de couvre-pieds.