—Villard payera à moitié les frais; ça l’ennuiera. Ce sera toujours ça pour commencer. Après, je trouverai autre chose.

Il s’en alla bon pas à la Genette, et patelin, il dit à Villard qui sarclait son potager:

—Vieux, je viens rapport à une petite affaire. Le mur qui sépare ma terre de la Pie de la vôtre, qui est celle des Vergnes, est à cette heure quasiment ruiné. Y peut me tomber dessus quand je passe. Faut le refaire.

—Tu nous cherches chicane, ça te réussira point, s’écria Villard; à force d’être fin, on devient bête.

Mais Courteux assura qu’il ne badinait pas, et il demanda que Villard vint aussitôt constater en quel piteux état se trouvait le mur.

Lionnou Fansat, qui donnait à manger aux bêtes dans la grange, sortit à ce moment:

—On y va, père Courteux. Passez devant avec Villard.

Sans perdre de temps, il courut au hameau de Peyrelevade, chercher un de ses cousins, le vieux Chantaud, qui pourrait servir de témoin. Avant d’aller à la terre de la Pie, il conta à Aimée la querelle que soulevait Courteux.

—Je ne crois pas qu’il ait raison, dit Aimée. Il faut cependant le surveiller de près. Veillez-y bien, Fansat.

Fansat et le vieux Chantaud arrivèrent bientôt près de ce mur dont Courteux voyait seulement aujourd’hui la vieillesse.