Après une heure où la campagne semblait noyée sous un déluge, le ciel se rasséréna et le soleil alluma des gouttelettes dans les arbres.

Nonot, encore étourdi par les coups de tonnerre, n’osait bouger. Aimée le ranima en riant, rassembla les bêtes et s’en revint à la Genette, mais l’eau qui la mouillait jusqu’aux os l’alourdissait et elle tremblait de froid.

La mère l’attendait sur le seuil; elle se hâta en gémissant de lui préparer du vin chaud. Nonot fut vite revêtu d’habits bien secs. Grâce au gilet dont sa grande sœur l’avait couvert, il avait eu plus de peur que de mal.

Aimée se coucha et toute la nuit, elle eut la fièvre. Sa mère qui la veillait entendit qu’elle disait:

—Couvrez Nonot, il aurait froid ... Attendez, j’ai un manteau de laine bien chaud ...

Quelques jours après, comme elle toussait, on fit venir M. Rémy qui diagnostiqua une bronchite. Mais elle disait:

—Ce n’est rien ...

Confuse d’être malade et de donner de la peine. Alors la mère sentit qu’un feu nouveau la ranimait. Nuit et jour, elle se tint au chevet de sa fille, attachant sur elle ses yeux et son cœur.

XXV

Après deux longues semaines, Aimée fut hors de danger. Mais elle ne se levait pas encore. Il lui semblait qu’elle trouvait enfin un vrai repos. Elle ne s’ennuyait pas; Clémentine Queyroix s’asseyait près de son lit et lui contait de naïves histoires de campagne. Sa bonne figure rouge, aux yeux francs, aux cheveux bien lissés, était agréable à regarder.