Un matin d’octobre finissant, Clémentine Queyroix conduisit son frère à la Genette.

Aimée le vit monter les marches de la terrasse d’un pas solide, et il souriait. Il était grand et musclé; ses regards, dans une figure brune, allaient droit, avec une franchise claire.

—Tu vois, c’est mon frère! s’écria Clémentine.

Martial Queyroix salua Aimée, à la façon plaisante des campagnes.

Ils entrèrent. La mère fit fête au nouveau venu.

—Tu as forci, petit, dit-elle, et le soleil de là-bas t’a cuit la peau.

Le vieux Villard se leva du banc à sel où il était tassé. Il considéra Martial d’un œil qui devenait guilleret et il hocha de la tête pour approuver:

—Je t’ai connu gros comme deux radis et te voilà à cette heure fièrement tourné.

On prit place autour de la table; la mère alla chercher une bouteille de vin bouché.

Martial parlait, avec une sorte d’avidité heureuse, des jours de garnison, en ces pays du diable, secs comme de l’amadou; et sous le regard attentif d’Aimée, il ne manquait pas de se vanter un peu. Il s’écria: