C’est une fille muette
Parmi les cieux,
Lui apparut une dame
Dans son troupeau.
Toujours elle lui demandait
Un bel agneau.
Les agneaux de mon père
Sont pas à moi.
Si vous voulez que j’y aille,
J’irai.
Si vous voulez que lui parle,
Lui parlerai.
Vas-y vite, la belle,
La Ysabeau,
Vas-y sans peur ni crainte
Ni danger du loup.
Je garderai le troupeau
Bien mieux que vous.
Simon leva les yeux vers elle, devinant le souffle du mystère:
Bien le bonjour, mon père,
Ma mère aussi.
M’est apparue une dame
Dans mon troupeau,
Qui toujours me demande
Un bel agneau.
Reviens-y, ma fille,
La Ysabeau!
Dis-lui que la troupe
Et aussi le troupeau,
Tout est à son service,
Même le plus beau.
Claire soupira, puis reprit, à mi-voix, la tête courbée:
Son père et sa mère
Sont bien contents
D’avoir une fille muette
Et de l’ouïr parler.
Ils disent pour rendre grâce
L’Ave Maria.
Quand l’heure arrive,
Elle ne rentre pas.
Son père et sa mère
La vont chercher.
Ils l’ont trouvée morte
Au milieu d’un bois.
Lui ont trouvé une lettre
Sous son bras droit,
Que ni prêtre, ni personne
N’a pu lire.
C’est Monseigneur l’Évêque
Qui l’a lue.