Elle chanta une de ces chansons dont les vieillards aiment à bercer leur cœur alourdi. Cela commence avec un peu de vivacité et s’éteint dans un sourire faible, au pli d’une bouche qui a reçu trop de larmes.
Derrière le château de Mounviel,
Elle chante la belle:
La la la, la la la, la la,
Elle chante la belle.
Le fils du roi qui l’entendait
De sa haute fenêtre
Mande son petit Jean Varlet
Qui bride le cheval.
—Bon maître, où voulez-vous aller
Sur ce cheval tout bridé?
—Petit Varlet, je veux aller
Entendre la bergère.
Mon bon Seigneur, n’y allez pas.
Ce n’est pas une bergère.
—Varlet, moi je veux l’aller voir,
Bergère ou bergerette.
Du plus loin qu’elle le vit,
Sa chanson s’arrêta.
—Achève, belle, la chanson,
Ta chanson est tant belle.
—Comment pourrai-je l’achever,
Pauvre désespérée?