—Simon, c’est la dernière fête de Toussaint et des Morts que tu passeras ici. Dans quelques mois, tu seras dans la ville. Mets-toi à genoux et prie pour moi, mon petit.
Il avait envie de pleurer, mais il s’agenouilla, tandis qu’elle restait debout, en appuyant légèrement ses mains sur sa tête.
—Redis avec moi les paroles que je vais prononcer: «Jésus qui avez souffert, ayez pitié de Claire Lautier. Elle voudrait vous servir et elle ne sait plus en quelle route elle est arrivée. Que son frère, le bon capitaine Lautier, vous parle d’elle, il est tout près de Vous, et Vous l’écouterez. A votre exemple, il a été couronné d’épines et pas une goutte de son sang n’est perdue.»
Simon répétait avec Claire chaque mot de cette prière et une flamme blanche montait en lui, toute la pureté de son âme, qu’une plus grande âme guidait. Elle reprit en tombant à genoux, et il y avait dans sa voix le tremblement des larmes qui éclairent:
—Jésus, ayez pitié de Claire Lautier. Prenez-la, si c’est votre volonté. Et moi, je suis un petit garçon qu’elle a tenu par la main. Ayez aussi pitié de moi. Ouvrez les yeux de Louise que le capitaine Lautier a aimée et qui...
Simon sentait qu’elle allait suffoquer d’angoisse, mais ces paroles étaient pour lui mystérieuses. Elle murmura:
—Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons.
Elle redit, tandis que Simon, tourné vers elle, s’étonnait de ne voir en ses yeux aucune larme:
—Comme nous pardonnons.