[68] Le château Gaillard fut réparé par Philippe Auguste après qu'il s'en fut emparé, et il est à croire qu'il améliora même certaines parties de la défense. Il supprima, ainsi qu'on peut encore aujourd'hui s'en assurer, le massif de roche réservé au milieu du fossé de la dernière enceinte elliptique et supportant le pont, ce massif ayant contribué à la prise de la porte de cette enceinte.

[69] Comparer un mémoire de Louis IX à ses envoyés près du Saint-Siège, au temps d'Alexandre IV: «Lorsque la prochaine promotion [de cardinaux] se fera, le roi supplie et requiert que l'on élève à cette dignité des hommes passionnés pour le service de Dieu et pour le salut des âmes, ennemis de la cupidité, qui avariciam detestentur. Ils doivent, en effet, donner à tous les prélats de l'Église le modèle de l'honneur et de la sainteté chrétienne.»

[70] Ici le mémoire ajoute durement: «D'abord les églises n'ont pas de troupes, et si elles en avaient, quels soldats! D'ailleurs on ne sait même pas si l'Empereur viendra et, à supposer qu'il vint, il faudrait préférer aux conseils des hommes le conseil de Dieu, qui a dit: «S'ils vous persécutent dans une ville, réfugiez-vous dans une autre.»

[71] On s'étonne de voir déclarer incidemment par le représentant de Louis IX qu'il y a peu de temps encore les rois de France conféraient à leur gré, in camera sua, tous les évêchés du royaume à qui leur plaisait.

[72] E. Berger, Saint Louis et Innocent IV, pp. 293, 297.

[73] [M. P. Meyer a publié depuis une édition complète du poème: L'Histoire de Guillaume le Maréchal, Paris, 1891-1894, 2 vol. in-8º. J'ai collationné les extraits qui suivent avec l'édition définitive].

[74] Il était considéré comme déloyal de frapper un chevalier qui n'avait pas ses armes défensives.

[75] Comte de Poitiers. Richard n'était pas encore couronné.

[76] Voyez La chanson de la croisade contre les Albigeois, commentée et traduite par M. P. Meyer, Paris, 1875, 2 vol. in-8º.

[77] Citons l'un des traits qui lui étaient prêtés; il fera juger des autres, car c'est le cas d'appliquer à ces puérilités l'adage Ab uno disce omnes: «Primat ne voulait chanter à l'église qu'en ouvrant la moitié de la bouche; et comme on lui demandait un jour la raison de cette singulière habitude, il répondit que, n'ayant encore qu'une demi-prébende, il ne devait pas, aux heures canoniales, l'office de sa bouche tout entière.»