[78] Goliardique, de Goliard. Le mot «goliard» apparaît dans les textes, vers 1220, pour désigner les clercs vagabonds, indociles, burlesques, qui étaient en quelque sorte les jongleurs du monde ecclésiastique. Ils se recommandaient d'un personnage mythique, l'évêque Golias ou Goliath, auquel sont attribués quelques-uns des plus beaux poèmes goliardiques.

[79] Philippe de Grève était le fils naturel de Philippe, archidiacre de Paris et parent de Gautier, chambrier de France. Après avoir été procureur général en cour romaine des églises de la province de Reims, il fut chancelier de l'église et de l'Université de Paris de 1218 à 1236.

[80] Quelles qu'aient été ses mœurs, Philippe de Grève ne se gêne pas, dans ses sermons, pour blâmer celles des écoliers et des maîtres de l'Université, ses justiciables: «Autrefois, quand chacun enseignait pour son propre compte et qu'on ne connaissait pas encore ce nom d'Université, les leçons, les controverses étaient plus fréquentes; on avait plus d'ardeur pour l'étude. Aujourd'hui on fait tout le plus vite possible, on enseigne peu, on dérobe leur temps aux leçons pour aller traiter en des conventicules les affaires de la communauté. Et tandis que les anciens s'assemblent pour délibérer, pour réglementer, les jeunes, que soutiennent et protègent les anciens, vont faire la chasse aux femmes et aux maris». (B. Hauréau, dans le Journal des Savants, juillet 1894.)

[81] Cf. ci-dessus, [p. 236] et s.

[82] [M. Gebhart cite en cet endroit, à titre d'exemple, quelques strophes de la Confessio Goliæ, attribuée au chanoine Primat. (Sur Primat et sur les Goliards, voyez ci-dessus, p. 422 et s.) Nous imprimons ici ces strophes d'après la meilleure édition qui ait été publiée de cette très célèbre pièce. (Notices et extraits des manuscrits, XXIX, 2e partie, p. 266-270.) «Accusé, dit M. Gebhart, près de son évêque, de trois vices capitaux: la luxure, le jeu et le vin, l'auteur de la Confessio Goliæ se défend par une confession grotesque que notre chroniqueur (Salimbene) se plaît à rapporter tout entière. En voici quelques vers en l'honneur de l'ivrognerie»:

Tertio capitulo memoro tabernam.
Illam nullo tempore sprevi, neque spernam,
Donec sanctos angelos venientes cernam,
Cantantes pro mortuo requiem æternam.

Poculis accenditur animi lucerna,
Cor imbutum nectare volat ad superna;
Mihi sapit dulcius vinum de taberna
Quam quod aquæ miscuit præsulis pincerna...

Meum est propositum in taberna mori;
Vinum sit oppositum morientis ori,
Ut dicant, cum venerint, angelorum chori:
«Deus sit propitius tauto potatori!»]

[83] [Cf. E. Michael, Salimbene und seine Chronik, Innsbruck, 1889, in-8º.]

[84] [M. L. Clédat a cru devoir rajeunir la forme des vers de Rutebeuf qu'il cite.]