Comme un bien précieux, place-le en lieu sûr ! Il y a tant de gens qui le placent mal.
On les voit persévérer dans leurs mauvaises pensées et regretter les bonnes.
Regrette les jours perdus, les heures vaines ! Regrette la parole blessante, le soupçon injuste, le jugement rapide !
Mais ne regrette jamais d’avoir suivi ton cœur lorsqu’il te portait à la confiance, à la franchise, à la bonté !
Ne regrette pas les larmes versées. Ne regrette pas d’avoir obligé des ingrats, gardé tes illusions, d’être resté humain par la tendresse, l’espérance et même la douleur !
Sur tous ces points, il est bon de vivre et de mourir impénitent.
VILAINES GENS
L’Ami. — Te voilà donc, l’âme froissée, déchiré partout comme à coups de griffes. Sur tes vêtements, de la boue ; sur ta figure, du sang. Tu reviens d’entre tes semblables comme si tu sortais des mains des brigands. Oh ! les vilaines gens !
— Et c’est cette espèce que tu prétends me faire aimer !
L’Ami. — Pauvre enfant, je te comprends, je te plains. Fuir à jamais leur commerce, voilà ton légitime désir. Comment en serais-je surpris ? Hideuse est leur méchanceté. Quel mensonge de te les présenter comme aimables et dignes d’être aimés !