Livre de douleur et de foi, l’Ami est, de plus, un livre de bonne foi. Sa sincérité va jusqu’à la hardiesse, mais il a trop le respect du sanctuaire intérieur, pour froisser une conscience. Par sa largeur d’esprit, il a trouvé accès dans les milieux les plus divers. Que de fois, par son moyen, des esprits éloignés les uns des autres se sont rapprochés ! Le beau rêve qu’il porte en lui, de « la haute et lumineuse Église qui ne connaît pas d’anathème » a été réalisé dans les cœurs de tant de lecteurs, qu’on peut bien dire qu’il a trouvé ici et là, en des occasions inoubliables, un accomplissement intérieur.
En pleine et affligeante réalité, nous avons le droit de saluer, dans ces faits spirituels, les promesses d’un avenir plus beau.
Et maintenant, pars pour des destinées nouvelles, Ami des jours passés, avec qui, en ce présent formidable, il m’a été si doux de deviser encore ! Que Dieu bénisse ton entrée dans les demeures, et ton action dans les âmes, surtout dans celles, travaillées et chargées, qui ont besoin qu’on les aime, les comprenne, les fortifie.
Ch. Wagner.
Août 1917.
A
PIERRE WAGNER
PARIS, 24 FÉVRIER 1884
MONTANA-SUR-SIERRE, 20 AOÛT 1899
Mon enfant, j’ai commencé ce livre près de ton lit de souffrance et pendant mes promenades solitaires à l’altitude.
Maintes fois, en écrivant, je m’interrompais pour aller près de toi, te rendre un de ces mille services, douloureux à la fois et doux.
Et loin de toi, sur les sentiers alpestres, dans les hauts pâturages, autour des mayens solitaires, mon cœur blessé demeurait plein de ton image.