Préparons l’éternel revoir, qu’à peine notre foi vacillante peut saisir, par une vie tendant comme par degrés à l’Union supérieure !


Dieu seul est la Vérité totale et la possède dans son incommensurable étendue. Pour nous, prions seulement d’être conduits de proche en proche vers une clarté plus complète et telle que nos yeux en ont besoin !

IL EST BON POUR VOUS…

C’est une mystérieuse et véridique parole que celle où le Christ dit : « Il est bon pour vous que je m’en aille. Si je ne m’en allais, le Consolateur ne viendrait point. » Perdre selon la chair, pour posséder vraiment selon l’esprit : loi douloureuse vérifiée par mille faits.

C’est de son regret des chers disparus, de sa pensée, dirigée vers ceux qui nous ont quittés, que l’humanité a retiré le plus de certitudes supérieures à cette vie sensible. A travers le culte sacré du souvenir, un monde lui est apparu, d’une profondeur prodigieuse. L’homme perdu dans le visible n’en soupçonne même pas le seuil.

L’ENFANT ET LA MORT

L’Ami. — Ne craignons pas de parler de la mort à nos enfants, lorsqu’ils sont bien portants et que la question se pose pour ainsi dire d’elle-même, à l’occasion d’un deuil qui a intéressé leur attention. Mais habituons-les à y voir un retour dans le sein de Dieu, leur apprenant à connaître sa face libératrice plutôt que celle par où elle inspire aux hommes des sentiments d’esclave. C’est un bonheur que d’être, tout jeune, par l’amour clairvoyant des parents, habitué à ne pas considérer la mort comme une telle affaire. On lui a fait, sous sa forme de puissance destructive, une place absolument scandaleuse dans la pensée humaine, y compris la pensée religieuse, dénaturée et déviée de sa source lumineuse. Ce que nous avons de meilleur dans nos traditions saintes devrait nous armer contre la peur de mourir. Hélas ! qui donc connaît le Dieu qui sauve de la mort ? Nous en adorons un qui manie la mort, comme Jupiter la foudre. Elle est son arme principale. Trop souvent les religions ont cultivé la peur de la mort, lui assignant une place de premier ordre dans nos motifs d’agir. La peur est une force de démoralisation, génératrice de sentiments vils. Nous l’inspirer, c’est nous empoisonner l’âme. Si vous nous aimez, enseignez-nous à combattre la crainte de la mort par la confiance en Dieu ! Au lieu de nous réduire en esclaves, libérez-nous !

Jamais on ne sent mieux le mal horrible fait aux âmes terrorisées que dans les circonstances difficiles où nous placent de graves maladies ou de grands dangers.

DERNIÈRE HEURE