Si l’on pouvait faire ses Pâques dans cet esprit ! Comme les morts ressusciteraient, comme serait brisée la mâchoire de granit de ces tombes où nous retiennent l’inertie, la routine, le mensonge, l’amour de tout ce qui nous extermine, et ces vieilles formules elles-mêmes que les lèvres redisent, mais dont la flamme s’est éteinte au foyer des âmes ! Comme nos yeux fermés et aveugles s’ouvriraient pour voir ce qui donne la paix !

L’homme déclare la vie périssable, parce qu’il la saisit dans ce qu’elle a de vain. S’il connaissait le prix de l’heure qui fuit, la grandeur de l’œuvre à faire, le diamant caché sous toute gangue humaine, l’usage à tirer de ce qu’il a reçu, il ferait jaillir l’étincelle divine des pierres du chemin !

Antiques souvenirs d’une foi toujours à renouveler, vieux et fragiles symboles d’un mystère consolateur, paroles d’espérance et de vie, secouez les suaires dont le temps vous enveloppe, surgissez de la cendre où vous couvez ! Notre misère a besoin de votre splendeur matinale. Vous nous rappelez ce qui jamais ne meurt. Soutenez-nous dans la marche vers le but lointain et sublime !

Et vous aussi, petites fleurs que chaque printemps fait éclore, soyez comme les messagères d’une nouvelle réconfortante ! Dites aux lutteurs abattus que l’issue sera bonne, que jamais ce ne sera fini d’aimer ! Soyez dans l’ombre, près ce nous, les témoins des étoiles éternelles ! Portez dans les demeures et jusque dans les cœurs enténébrés, ce reflet de ciel bleu captif dans vos corolles !

JE VOUS DONNE MA PAIX !

Père, je me confie en Toi. Reste avec moi ! Je ne te demande pas de lever le voile. Pourvu que je te sente là, toujours ; pour vivre et mourir, que me faut-il d’autre ? Quand je serai bien las, prends-moi dans tes bras et referme-les sur moi ! Donne la paix à ceux que j’aime ! Accorde-nous le tranquille courage de marcher et de lutter !

V
PRÈS DES JEUNES

JEUNES ET VIEUX

L’Ami. — Pourquoi ce regard de compassion attristée, sur cette jeune et joyeuse compagnie ?

— Il me semble voir s’agiter de pauvres fous.