L’esprit a les siennes, comme le corps. Tout homme est guetté par la rouille.
Les membres ont l’ankylose ; l’intelligence, la routine ; la volonté, l’imperceptible amollissement.
Personne n’est à l’abri, s’il ne veille. Sans cesse il faut s’exercer, astiquer, se dégourdir. Jamais on ne peut se flatter d’être brossé pour plus d’un jour. Le lendemain, c’est à recommencer.
Tant pis, si le laisser-aller a pour toi du charme ! Il est le prodrome de toutes les décadences. Je serais ton ennemi, si je ne sonnais le clairon d’alarme à travers ton esprit assoupi.
Regarde les hommes qui se négligent, les peuples qui dorment sur leurs lauriers, les Églises qui dorment sur leurs doctrines.
Leur sentence de mort est écrite, par le doigt du destin, sur la poussière dont se couvre leur tête.
L’avenir est aux vaillants qui ne souffrent point de nuage au métal de leurs armes.
Debout, mon fils, ne te relâche point. Toute main qui nous secoue est une main amie. Guerre à l’indolence ! guerre à la rouille !
BONNE HUMEUR
L’Ami. — La mauvaise humeur où nous plongent les choses est une preuve de la victoire qu’elles ont remportée sur nous. Elles nous font porter la livrée grise des vaincus et des forçats.