Garde ta bonne humeur ! C’est un signe de défaite pour tous les ennemis de l’âme ; un honneur rendu à Dieu, du sein des obscurités ; un acte de foi parmi les plus hauts et les plus purs.
CHAINES
— Oh ! ces chaînes !
L’Ami. — Plonge-les au feu, au feu vivace de l’amour ! Forge-les d’un marteau vaillant sur l’enclume de la patience ! Et tes chaînes deviendront des armes. Ce qui fut une entrave se convertira en force.
HEURES MOLLES
L’Ami. — C’est par l’effet de la même faiblesse que nous sommes sans défense devant la douleur, et sans résistance devant le plaisir. Hier, la tristesse te noyait ; aujourd’hui, l’ivresse des sens t’emporte… A la surface tout est changé. Tu n’es plus le même. Et pourtant, tu as seulement changé de maître. Sous ta livrée nouvelle bat ton vieux cœur d’esclave.
SOIS PRÊT !
L’Ami. — Sois prêt ! L’imprévu nous guette ; attends-le sous les armes ! Et lorsque l’heure t’appelle, réponds-lui : Me voici ! L’essentiel n’est pas d’être heureux ou malheureux, bien portant ou malade, mais de rester disponible. Il ne faut pas que l’occasion frappe à ta porte et trouve visage de bois. Nous sommes, à travers les phases changeantes de la vie, les exécuteurs d’une volonté qui nous dépasse et par là même nous soutient. Mettons-nous de bon cœur à son service comme des instruments dociles ! Maintiens sèche ta poudre, et ton épée fourbie !
LE BEAU RISQUE
L’Ami. — La peur empêche l’homme de connaître le bonheur, car c’est dans les entreprises qu’elle déconseille que se rencontrent les grandes et fortes émotions dont vibrent les cœurs généreux. Se mouvoir calme au milieu des circonstances redoutables, préoccupé par le seul souci de marcher vers le but, quelle belle vie libre et purifiée ! De combien d’humiliantes misères s’affranchit la volonté qui sait virilement accepter le beau risque !