SOUHAIT
L’Ami. — Pour le bien de ceux qui vivent près de toi, autant que pour toi-même, je te souhaite la chose suivante :
Une humeur de bon soldat, au cœur chaud, à la tête calme.
Après les batailles gagnées ou perdues, si l’on est valide, on prend un repos mérité. Puis on astique et l’on repart. Si l’on est blessé, on se soigne, en rêvant de recommencer.
Mort, on a laissé aux autres un exemple vaillant. Et le courage leur revient en pensant à nous.
— Si je pouvais être un semblable petit soldat ! Je commencerais mes jours par quelque chant vibrant qui serait la prière du matin. Et les cœurs les plus lassés reprendraient vigueur en l’écoutant. Dieu éternel, n’est-ce pas là vraiment la vie, la vie heureuse, la vraie vie, malgré toutes les misères ?
VII
LES PIONNIERS
Quitte ta famille et ta patrie pour aller au pays que je te montrerai !
Genèse, XII, 1.
Suis ta consigne ; laboure et sème. Mais ne demande pas : pourquoi ? Tu peux bien poser la question, mais tu n’es pas à la hauteur de la réponse. Un seul sait pourquoi, et celui-là t’aime. Que cela te suffise !
VA, DIS-LEUR !
L’Ami. — Va, dis-leur !