La crédulité est une disposition à accepter facilement ce qui nous est présenté. Elle se caractérise avant tout par une grande absence de jugement.

La foi est un acte de confiance éclairée dans le pouvoir qui mène le monde, dans la destinée humaine, dans les bonnes causes, liées à la cause même de l’humanité.

La crédulité est de tous les temps. Faisant partie du « laisser-aller » ; elle est à la portée du grand nombre.

La foi est de tous les temps aussi. Mais comme elle implique de la résolution, de l’énergie, une extraordinaire dépense de soi-même, elle est le lot d’une élite.

Lorsqu’elle consiste à ne former sa conviction que de bonnes et solides raisons, à se méfier d’affirmations péremptoires et d’autorités non justifiées devant la conscience, l’incrédulité est une vertu de premier ordre.

Si elle doit consister au contraire à penser médiocrement de l’Univers, de l’Esprit, de la destinée humaine, ce n’est plus qu’une infirmité d’esprit.

CONFUSIONS

L’Ami. — Les incertitudes de la foi ne proviennent pas seulement de l’obscurité de la vie, du nombre et de l’étendue des problèmes dressés devant nous. Une de leurs sources les plus fécondes est la confusion d’idées.

Il y a dans les esprits d’étranges préventions et de bizarres malentendus au sujet de la Foi.

Ce seul vocable : « je crois », par la diversité des sens qu’il comporte, peut donner lieu à toutes sortes de méprises. Je crois peut signifier : je suppose. La foi, dans ce cas, serait l’hypothèse. Et plusieurs l’entendent bien ainsi. Mais l’hypothèse n’offre qu’une sécurité relative, et beaucoup préfèrent n’en point faire.