«Cependant la brise du soir souffle doucement; le ciel est sans nuages, et les brillantes étoiles répandent leurs purs rayons. Dieu, dans sa bonté, accorde protection, soutien et espoir au pauvre orphelin.
«Quand même je tomberais en passant sur le pont en ruines, quand même je devrais errer, trompé par de fausses lumières, mon père, qui est au Ciel, murmurerait à mon oreille des promesses et des bénédictions, et presserait sur son coeur le pauvre orphelin.
«Cette pensée doit me donner courage, bien que je n'aie ni abri ni parents. Le ciel est ma demeure, et là le repos ne me manquera pas. Dieu est l'ami du pauvre orphelin.»
«Venez, mademoiselle Jane, ne pleurez pas,» s'écria Bessie lorsqu'elle eut fini. Autant valait dire au feu: «Ne brûle pas;» mais comment aurait-elle pu deviner les souffrances auxquelles j'étais en proie?
M. Loyd revint dans la matinée.
«Eh quoi! déjà debout? dit-il en entrant. Eh bien, Bessie, comment est-elle?»
Bessie répondit que j'allais très bien.
«Alors elle devrait être plus joyeuse… Venez ici, mademoiselle
Jane; vous vous appelez Jane, n'est-ce pas?
— Oui, monsieur, Jane Eyre.
— Eh bien! vous avez pleuré, mademoiselle Jane Eyre; pourriez- vous me dire pourquoi? Avez-vous quelque tristesse?