— Bah! vous n'êtes pas assez simple pour avoir envie de quitter une si belle demeure?

— Si je pouvais aller ailleurs, je serais bien heureuse de la quitter; mais je ne le puis pas tant que je serai une enfant.

— Peut-être, qui sait? Avez-vous d'autres parents que Mme Reed?

— Je ne pense pas, monsieur.

— Aucun, du côté de votre père?

— Je ne sais pas; je l'ai demandé une fois à ma tante Reed; elle m'a dit que je pouvais avoir quelques pauvres parents du nom d'Eyre, mais qu'elle n'en savait rien.

— Si vous en aviez, aimeriez-vous à aller avec eux?»

Je réfléchis. La pauvreté semble douloureuse aux hommes, encore plus aux enfants. Ils ne se font pas idée de ce qu'est une pauvreté industrieuse, active et honorable; le mot ne leur rappelle que des vêtements en lambeaux, le manque de nourriture, le foyer sans flammes, les rudes manières et les vices dégradants.

«Non, répondis-je, je ne voudrais pas appartenir à des pauvres.

— Pas même s'ils étaient bons pour vous?»