Mlle Temple n'y était pas; je sus plus tard qu'elle avait été appelée près d'une jeune fille à l'agonie.
Je fis quelques pas et je m'arrêtai devant le lit: ma main était posée sur le rideau; mais je préférais parler avant de le tirer, car j'avais peur de ne trouver qu'un cadavre.
«Hélène, murmurai-je doucement, êtes-vous éveillée?»
Elle se souleva, écarta le rideau, et je vis sa figure pâle, amaigrie, mais parfaitement calme. Elle me parut si peu changée que mes craintes cessèrent immédiatement.
«Est-ce bien vous, Jane? me demanda-t-elle de sa douce voix.
— Oh! pensai-je, elle ne va pas mourir; ils se trompent: car, s'il en était ainsi, sa parole et son regard ne seraient pas aussi calmes.»
Je m'avançai vers son petit lit, et l'embrassai. Son front, ses joues, ses mains, tout son corps enfin était froid; mais elle souriait comme jadis.
«Pourquoi êtes-vous venue ici, Jane? il est onze heures passées; je les ai entendues sonner il y a quelques instants.
— J'étais venue vous voir, Hélène; on m'avait dit que vous étiez très malade, je n'ai pas pu m'endormir avant de vous avoir parlé.
— Vous venez alors pour me dire adieu; vous arrivez bien à temps.