Un de la troupe, s'avança et dit; »Après avoir fait beaucoup de chemin, nous nous en revenions, quand des cris aigus nous arrêtèrent; nous retournâmes sur nos pas, et allâmes à l'endroit d'où partaient les cris. C'était l'homme que vous venez de tuer, qui battait violemment la signora: lorsqu'il nous vit, il chercha à fuir; en l'entraînant avec lui; elle tomba et se blessa avec une pierre: le méchant redoubla ses coups et la poussa sur une roche qui a dû lui faire une contusion plus dangereuse que celle, qui est apparente: nous avons arrêté le brutal, tandis que cinq à six de mes camarades s'emparaient du bagage en mettant les muletiers en fuite; ce qui n'a eu lieu qu'après nous être battus avec les gens qui voulaient faire résistance, et dont la plupart....
»Assez, dit le Capitaine, je n'ai pas besoin d'un plus grand détail; tais-toi maintenant.»
Le voleur s'offensa du silence qu'on lui imposait: il mordit ses lèvres, et marmotta quelque chose entre ses dents. Zofloya qui était auprès de lui, le regarda d'un air approbateur.
»Quoi, que dis-tu, insolent?
»Je dis Capitaine, que nous avons fait notre devoir, et que vous ne pouvez....»
»Paix, point de réplique, encore une fois.»
Le voleur tira son poignard ... cette action mit Léonardo en fureur. Il déposa sa mère dans les bras de Victoria, et courant sur le bandit, il le renversa d'un seul coup.
»Misérable, oserais-tu lever la main sur ton capitaine? qu'on me donne un poignard, et j'apprendrai à ce drôle à se taire.»
Tous lui furent tendus à-la-fois; Léonardo en prit un, et le tint un instant levé sur le voleur, puis s'arrêtant, il lui ordonna de se lever: ce que fit l'autre, qui se croisa les bras sur la poitrine, et baissa la tête en signe de soumission. Le Capitaine jetta l'arme avec mépris: » tu ne mérites pas de périr, par ma main, dit-il. Le voleur s'éloigna d'un air sournois, et Léonardo se rapprocha de sa mère.
Il la regarda avec compassion, et la prenant dans ses bras, il la porta plus avant dans le souterrain; puis essaya de lui faire prendre quelques gouttes d'un élexir, ce qui parut la ranimer un peu. Léonardo lui fit alors préparer un coucher, qu'il chercha lui-même à rendre le plus doux possible; mais que pouvait ce soin filial pour celle qui n'avait été habituée qu'à reposer sur le duvet? cependant c'était un bien pour son corps brisé. On bassina ses blessures, et on les pansa avec soin: Léonardo aidait à tout, tandis que Victoria restait debout à regarder sa malheureuse mère, sans témoigner la moindre sensibilité; elle causa même avec Zofloya, sur des sujets indifférens, et marcha avec lui dans une autre partie du souterrain.