- Fol. 38.—Note sur les lettres.
- Fol. 39.—Avertissement de l’éditeur.
- Fol. 40 à 126.—Le texte des Liaisons dangereuses, d’une écriture très serrée et presque sans ratures.
- Fol. 128 à 142.—Lettres et documents divers.
Nous remarquons qu’au folio 123 (recto), une lettre portant primitivement le no 155 est biffée de deux traits et suivie d’une nouvelle lettre portant le même numéro. Voici le texte de la lettre biffée:
LETTRE CLV
Le Vicomte de Valmont à Madame de Volanges.
Je sais, madame, que vous ne m’aimez point, je n’ignore pas davantage que vous m’avez toujours été contraire auprès de Mme de Tourvel et je ne doute pas non plus que vous ne soyez plus que jamais dans les mêmes sentiments, je conviens même que vous pouvez les croire fondés; cependant c’est à vous que je m’adresse et je ne crains pas non seulement de vous prier de remettre à Mme de Tourvel la lettre que je joins ici pour elle, mais encore de vous demander d’obtenir d’elle qu’elle la lise, de l’y disposer en l’assurant de mon repentir, de mes regrets et surtout mon amour. Je sens que ma démarche peut vous paraître étrange. Elle m’étonne moi-même, mais le désespoir saisit les moyens et ne les calcule pas. Et d’ailleurs, un intérêt si grand, si cher et qui nous est commun, doit écarter toute autre considération. Mme de Tourvel se meurt, Mme de Tourvel est malheureuse, il faut lui rendre la vie, la santé et le bonheur. Voilà l’objet à remplir; tous les moyens sont bons qui peuvent en assurer ou en hâter le succès. Si vous rejetez ceux que je vous offre, vous resterez responsable de l’événement: sa mort, vos regrets, mon éternel désespoir, tout sera votre ouvrage.
Je sais que j’ai outragé indignement une femme digne de toute mon adoration, je sais que mes torts affreux ont seuls causé tous les maux qu’elle ressent, je ne prétends dissimuler mes fautes ni les excuser; mais vous, madame, craignez d’en devenir complice en m’empêchant de les réparer. J’ai enfoncé le poignard dans le cœur de votre amie, mais je peux seul retirer le fer de la blessure, seul je connais les moyens de la guérir. Qu’importe que je sois coupable, si je puis être utile! Sauvez votre amie! sauvez-la! Elle a besoin de vos secours et non de votre vengeance.
Paris, ce 5 décembre 17**.
A la suite de la lettre 175, au folio 126 (recto), est écrit le mot Fin. Puis vient la note (1): «Des raisons particulières....», écrite sur un papier différent, non pas de la même main, et collée sur le folio du manuscrit.
Au folio 127 (recto) se trouve une lettre de la Présidente T... au Vicomte de V..., qui ne porte pas de numéro, et ne figure dans aucune des éditions antérieures à 1900. En voici le texte:
La Présidente de Tourvel au Vicomte de Valmont.