Elle hocha la tête négativement.
—Tu étais donc fidèle à ton amant, conclut-il avec une logique rigoureuse.
Elle ne répondit pas.
Quelques jours plus tard, Naudin reprit ce thème. Après un grand effort de réflexion il avait préparé un piège où faire tomber son amie.
—Ah! dit-il, j’ai appris une chose sur ton officier d’Omsk. Il buvait.
—Qui te l’a dit? demanda Nadia.
—Je le sais, voilà tout, conclut Alexandre Naudin, enchanté du succès de sa ruse. Au fond, c’était un ivrogne fieffé.
Nadia le regarda méchamment.
—Et pourquoi ne boirait-il pas, si cela lui plaît?
Alexandre Naudin fut désarçonné par cette question. Il entra dans des explications peu convaincantes et Nadia resta sur son terrain. Mais notre jeune lieutenant acquit ainsi la conviction que Nadia n’avait pu supporter la vie avec un homme grossier, qui buvait et sans doute, la maltraitait. C’était pour cela qu’elle avait quitté Omsk. Il lui fit, une fois, non sans une certaine naïveté, cette démonstration ingénieuse.