—Je suis malheureuse, disait-elle.
—Dors, répondit Alexandre Naudin, déjà tout ensommeillé et dont rien ne pouvait, à ce moment troubler la sérénité.
Elle continua à gémir un peu, puis, de nouveau, lui adressa la parole:
—Je t’aime, dit-elle.
Alexandre Naudin entendit les mots qui entrèrent automatiquement dans sa mémoire, mais qui, sur le moment, ne lui firent aucune impression, bien que ce fût la première fois que Nadia les prononçât. En d’autres circonstances, ils l’auraient transporté de joie. Dans l’état où il était, il se borna à les enregistrer sans s’en émouvoir.
—Dors, petite, dit-il, à demain...
Et il tomba dans un profond sommeil.
Le lendemain, dans l’après-midi, ils préparèrent leurs bagages. Au soir, Naudin, qui avait quelques visites à rendre, sortit, promettant à sa maîtresse de venir la chercher vers dix heures pour souper.
A l’heure dite, il rentra.
Nadia n’était pas dans la chambre. Il n’y avait là rien d’inquiétant. Il s’étendit un instant dans un fauteuil, puis soudain se leva et courut chez le portier.