A Gez, pas de chevaux. Nous décidons, malgré les protestations des cochers, de garder ceux que nous avons pris au milieu de la nuit. On détèle les pauvres bêtes pour les panser, leur donner de l’orge et une heure de repos.
Nous en profitons pour aller nous baigner dans le ruisseau, à une certaine distance du relais.
Tandis que nous nous baignons, les cochers enfourchent chacun un cheval, et les voilà partis avec leurs huit bêtes à travers le désert.
Grande fureur, mais rien à faire qu’à attendre qu’il nous arrive des chevaux de Kachan. Cela peut être aussi bien ce soir que dans une heure.
Nous scrutons l’horizon. Rien. Ah, si! des points qui se meuvent là-bas sur les sables. On regarde anxieusement. Les points se rapprochent. On distingue maintenant une caravane. Nous ne quitterons pas Gez de sitôt. Un peu plus tard, la caravane arrive. C’est un Persan qui voyage avec ses femmes et ses domestiques, le tout monté sur des ânes et des mulets. Le mari est un homme petit, sec, solide, avec une belle barbe, et qui porte la ceinture verte des seïdes. Il n’a pas un regard pour nous. Il conduit sa smalah à une petite distance de nous, le long du ruisseau, sous les saules et, un instant après, nous entendons les cris éperdus d’une femme.
Nous demandons pourquoi elle crie.
C’est le mari qui à peine arrivé à l’étape, administre une consciencieuse raclée à une de ses épouses.
C’est ainsi que cela se fait en Perse.
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A dix heures enfin, huit chevaux rentrent au relais. La chaleur est déjà excessive. Nous attendons une heure encore qu’ils aient pris de l’orge et repartons pour Kachan.