Non, le bruit d’une dispute s’élève, des voix aigres me réveillent tout à fait. Faudra-t-il faire l’effort de descendre?
Je suis stupéfié comme si j’avais pris une dose de haschich. Aimé arrive. L’homme qui chantait sa peine dans la nuit est un cocher qui ramène des chevaux au relais. Voilà cinquante kilomètres que nous sommes traînés par les mêmes rosses qui finiront par nous laisser dans les sables. Alors il faut atteler les chevaux frais qui rentrent. Le cocher ne voulant pas les donner, Aimé bat le cocher.
C’est ainsi que cela se fait en Perse.
Et je reprends mon rêve interrompu.
*
* *
Nous apprenons à un relais que nos amis Phérékyde ont eu une aventure. En plein désert, une roue de leur voiture a cassé. Ils ont dû faire à midi six kilomètres à pied à travers les sables pour gagner le chapar khané. Ils y ont passé trente-six heures à attendre qu’on répare la roue dans la petite ville de Natanz à trente kilomètres de là. Ils ont donc à peine une journée d’avance sur nous.
Un village persan près de Natanz.
*
* *
Le dimanche matin 8 juin, nous arrivons à huit heures à Gez, dernier relais avant Kachan, dont nous sommes séparés par le désert où nous nous sommes ensablés à l’aller. Vingt-cinq kilomètres seulement à franchir.