Un passager nous remet une liasse de journaux. Il y a longtemps que nous en avons été privés. Nous en dévorons cinq ou six et nous en donnons une indigestion. Nous n’en voulons plus lire jamais.
La Circassie continue à longer la côte. Ce pays serait d’une extrême richesse, s’il était cultivé. Mais il n’a pas de routes. Et, en dehors des villes, l’insécurité est grande. Tel quel, il produit des œufs, du bétail, de l’orge, du tabac, des noisettes en abondance.
Et maintenant nous approchons du Bosphore. Nous avons été pris au charme de cette vie paresseuse sur l’eau. A peine une habitude agréable est-elle formée qu’il faut la briser...
La princesse Bibesco a enfermé en quelques vers précieux le parfum de notre voyage sur la mer Noire. Je les donne ici.
REGRET SANS FIN
En souvenir des côtes d’Asie-Mineure.
O pays que nos yeux ne doivent plus revoir!
Où nos voix n’ont été qu’un seul jour entendues.
Villes que nous avons atteintes et perdues
En l’espace qui va d’un soir à l’autre soir,