Au dehors des automobiles pétaradent dans l’air froid. Ces voitures appartiennent à des membres de l’Automobile-Club roumain qui vont nous emmener jusqu’à Giurgevo sur le Danube où nous nous embarquerons à bord d’un vapeur autrichien, car ce voyage en automobile commence en bateau.

Nous retrouverons les machines à Galatz pour la traversée de la Bessarabie.

Le ciel est clair, le baromètre bon. Le beau temps nous est nécessaire demain et après-demain, car les routes bessarabiennes ne sont que des pistes à travers les terres molles.

Les trois automobiles prennent le train à Bucarest pour aller nous attendre à Galatz.

Embrassades, serrements de mains, premiers déclics des appareils de photographie, nous disons adieu à Bucarest. Quand reverrons-nous cette ville, riches de quelles expériences, épuisés de quelles fatigues?

De Bucarest à Giurgevo, il y a une soixantaine de kilomètres de très bonne route roumaine, ce qui équivaut à une médiocre route française. Le pays est plat avec quelques rangées de collines peu élevées. Je cherche le Danube à l’horizon, je ne le vois pas.

A Giurgevo, déjeuner fort gai; des musiciens de l’endroit quittent leurs boutiques de cordonnier ou de tailleur, mettent une redingote, et nous déjeunons en musique, puis valsons dans la grande salle du cercle. Danserons-nous à Téhéran? Partons d’abord pour le Danube qui est à quelques kilomètres de la ville.

Le voici enfin, roulant des eaux jaunies par les pluies du printemps; en face de nous, très loin, c’est la rive bulgare aussi déserte que la roumaine.

A l’embarcadère des bateaux, nous trouvons nos bagages arrivés par le train. Chacun de nous se précipite pour voir s’il a son compte de colis, valises, malles, châles, etc.