Il y a des jaloux sans imagination. Ils ne croient que ce qu’ils voient.

Que leur femme soit dehors toute la journée, qu’elle voyage au loin, ils ne s’émeuvent pas. Ils sont trompés au vu et au su de toute la ville sans que leur béatitude bornée et maritale en soit troublée.

Mais aperçoivent-ils une fois un coquebin faisant la cour publiquement à leur femme, ils se déchaînent.


La jalousie est souvent le sentiment d’un être faible, sans défense, qui s’accroche éperdument à ce qu’il a. S’il le perd, il voit devant lui un vide affreux qu’il ne pourra combler.


Une femme me dit : « Lorsque j’ai vu que mon ami commençait à changer, je supportai sans me plaindre son silence, sa froideur. Je supposais qu’il aimait ailleurs. Tant qu’il était près de moi, je n’en étais presque pas malheureuse. Mais dès qu’il m’avait quittée, tout m’était inquiétudes et douleurs. Je ne supportais même pas qu’il parlât à une femme dans le salon où j’étais. Je devinais les mots, les sous-entendus ; je voyais ses regards, ce qu’ils demandaient, ce qu’ils promettaient. C’était une souffrance atroce. Plus tard j’ai su quelle femme il aimait. J’étais heureuse encore quand il venait me voir. Je ne lui ai jamais fait de reproches. Mais son absence me tuait… »


Il y a les jaloux qui se taisent. Il y a les jaloux qui éclatent. Nous sommes résolument en faveur des premiers. Si votre vie est empoisonnée, il est inutile d’empoisonner celle de votre conjoint.