Chez les premières, le choc premier est sentimental. Pour les secondes l’émotion est purement physique ; elles pratiquent l’amour comme l’ont fait, à une époque de leur vie, tous les hommes.
Il y a enfin les femmes qui trafiquent de leur corps et s’en servent pour améliorer leur situation financière ou mondaine.
Mais cela, c’est encore une autre histoire, et nous ne l’entamerons pas.
LES FEMMES ET LE MONDE
« Prendre la femme d’autrui. » Cela laisse supposer que la femme appartient à quelqu’un d’autre qu’à elle-même. Au fond nous sommes esclavagistes.
Il y a des femmes auxquelles le monde interdit d’avoir un amant ; il en est d’autres auxquelles il permet un seul amant ; il en est qu’il contraint à se cacher, tandis que certaines s’affichent impunément ; il y a des femmes qui sont notoires par le nombre de leurs liaisons ; d’autres par la qualité exquise de leurs amants ; il est des femmes désintéressées et d’autres qui ne le sont point.
Le monde tolère tout ou ne passe rien, suivant ses caprices. Pour le monde comme pour la nature, le mot justice n’a pas de sens. Pourtant il juge, et ses arrêts sont sans appel.
Que les femmes qui n’ont d’autre règle que leur plaisir m’écoutent et soient assurées qu’il faut sauver toujours, et encore, et partout, et contre l’évidence même, les apparences.