— Sans doute, dit le commissaire, sans doute, si Léon Borissovitch intervient, l’affaire sera classée… Ce sera une grande exception, je vous l’assure… Mais je serais heureux personnellement, croyez-le bien, très heureux…

Déjà Savinski était au téléphone. Malheureusement Séméonof n’avait pas encore paru au commissariat des Affaires étrangères. A un appel à son domicile, une voix d’homme, ayant demandé à Savinski son nom, riposta aussitôt que Léon Borissovitch venait de sortir de chez lui. — Où était-il allé ? — On ne le savait pas.

Savinski raccrocha le récepteur. Il était fort en colère.

— Je suppose, dit-il, que vous pouvez attendre que j’aie joint Séméonof au téléphone.

Le petit Juif soupira.

— Je dois rapporter le passeport, dit-il. C’est vraiment désolant… Je suis obligé, comprenez bien. Je voudrais vous être agréable, pourtant… Mais jugez vous-même. J’ai des ordres.

Son obséquiosité parut à Savinski exagérée et sonner faux. Il tira sa montre.

— Il est onze heures, fit-il, donnez-moi jusqu’à midi. Revenez alors et, d’ici là, j’aurai trouvé Séméonof.

Le commissaire pâlit encore et eut un mouvement d’effroi.

— Impossible, dit-il, vous voyez pourquoi… Comment dire ?… Mais vous saisissez.