FOLGOET. Que savez-vous sur le combat?

BRAMBOURG. Il a été très court.

FOLGOET. Où étiez-vous, Monsieur, quand l'Alma a chaviré?

BRAMBOURG. Je crois bien que j'étais sur le pont, Amiral. J'avais conduit moi-même à l'extérieur, un groupe de traînards. Nos hommes, et surtout ceux qui ne savaient pas nager, se cramponnaient au bâtiment et nous avions toutes les peines du monde à les persuader de se jeter à la mer. Ce que je sais le mieux, c'est que je me suis trouvé tout à coup dans l'eau, une vague a déferlé sur moi …

FOLGOET. Nous savons également tout cela. La seule chose que nous ne sachions pas et qu'il nous importerait de savoir c'est la sorte de signaux que le Coblentz a fait à l'Alma et que le Commandant de Corlaix a pris pour les réponses correctes des signaux de reconnaissance du jour et de l'heure. Vous n'avez pas vu les signaux du Coblentz, Monsieur?

BRAMBOURG. Quand le Coblentz et l'Alma ont échangé leur signaux, j'étais sûrement dans les fonds du navire, Amiral.

FOLGOET. En ce cas, Monsieur … ah! j'oubliais encore: M. le Commissaire due Gouvernement …

MORBRAZ [geste, il s'adresse à Brambourg]. D'après vos déclarations, Monsieur, vous avez quitté la passerelle dix bonnes minutes avant que le Coblentz fût en vue?

BRAMBOURG. Il me semble.

MORBRAZ. Dix minutes? Bon! C'est long comme un jour sans pain, dix minutes! Qu'avez-vous fait toute cette éternité-là?