MORBRAZ. Encore un effort. Vous vous êtes bien souvenu que le vôtre était fermé!

BRAMBOURG. Naturellement! le mien.

MORBRAZ. Oui, oui, le vôtre, c'était le vôtre. Seulement, celui de Monsieur d'Artelles, c'était celui de Monsieur d'Artelles. Ne cherchez pas où j'en veux venir, c'est simple comme bonjour. J'ai beaucoup connu Monsieur d'Artelles, j'étais au courant de ses habitudes et je sais que ses hublots étaient toujours ouverts la nuit … par conséquent … j'y songe: elle était à bâbord comme la vôtre n'est-ce pas, la chambre de Monsieur d'Artelles?

BRAMBOURG. Oui.

MORBRAZ. Voyez ce que c'est que d'ennuyer les gens! Voilà que je trouve mon affaire! Vous êtes sorti de chez Monsieur d'Artelles à quatre heures vingt-cinq, quatre heures trente, n'est-ce pas?

BRAMBOURG. Je n'en sais rien! Comment voudriez-vous?

MORBRAZ. Oh! je pense bien que vous n'avez pas consulté les chronomètres du bord! Mais vous êtes remonté sur le pont à l'instant de l'ouverture du feu; donc à quatre heures trente, puisque c'est à quatre heures trente que le Coblentz vous a lancé sa torpille, vous aviez quitté Monsieur d'Artelles depuis cinq minutes tout au plus quand le Coblentz a lancé sa torpille.

BRAMBOURG. Tout au plus, oui.

MORBRAZ. Voyez ce que c'est d'ennuyer les gens! Cinq minutes avant d'envoyer sa torpille, le Coblentz ne pouvait pas être bien loin de l'Alma. Il naviguait tous feux clairs. Si donc vous regardé par le hublot de Monsieur d'Artelles, vous n'avez pas pu ne pas voir les feux du Coblentz. Et vous avez regardé par le hublot. Un hublot ouvert, on ne peut pas n'y pas donner un coup d'oeil.

BRAMBOURG. Je ne me souviens pas.