BRAMBOURG. Oui, c'est bien cela. Je l'ai dit.

JEANNE. Le hublot de la chambre de M. d'Artelles était ouvert … Par ce hublot … M. Brambourg a vu les feux du Coblentz … Presque aussitôt le Coblentz a allumé la première réponse, quatre feux rouges. Alors M. d'Artelles lui a demandé [geste]: "Vous qui êtes de quart est-ce que c'est bien le signal correct?" Monsieur [geste] a répondu: "Oui". [Violente stupeur de Brambourg qui retombe assis. Grand murmure dans la salle auquel succède un nouveau silence. Jeanne poursuit] M. d'Artelles a encore demandé: "Quelle est la réponse à l'autre question". Monsieur [geste] a dit "bleu". Comme il disait cela les quatre fanaux rouges ont été remplacés par quatre fanaux bleus … [Jeanne s'arrête et reprend haleine. Brusquement.] Après que le Coblentz eut tout éteint, comme M. d'Artelles disait à Monsieur [geste]: "Donc, c'est un navire français", Monsieur [geste] a dit: "français ou étranger. C'est un secret de polichinelle … les signaux de reconnaissance … nos camarades allemands ou autrichiens les voyaient journellement l'an dernier en Adriatique, de là à les interpréter …" Il a dit tout cela, il l'a dit, je le jure, et je l'ai entendu.

FOLGOET. Vous … vous Madame! Vous avez entendu?

CORLAIX. Eh bien, Jeanne?

JEANNE. Oui.

CORLAIX. Vous avez entendu la nuit du combat?

JEANNE. Oui, Amiral, j'ai entendu Monsieur … et j'ai vu aussi … oui, les signaux de reconnaissance … rouges … bleus … je les ai vus parce que j'étais là.

FOLGOET. Vous étiez là?

JEANNE. Oui, à bord … dans la chambre de … de M. d'Artelles.

FOLGOET. Dans la …