CORLAIX. Pourquoi cela? Mes cinq galons vous impressionnent.

BRAMBOURG. Il y a un peu de cela.

CORLAIX. Sapristi! mon cher, vous êtes marin comme moi, je suppose et vous vous inquiétez de galons?… Nous, marins, qui avons cet avantage inouï de jouir d'une discipline alerte et souriante, d'une bonne fille de discipline sans raideur et sans façon … d'une discipline joyeuse, paternelle … et forte tout de même … et sûre … nous qui jouissons de cela, nous n'allons pourtant pas y renoncer, hein? nous n'allons pourtant pas les jeter par-dessus bord … ce serait moi foi trop bête! et puisque la mer nous permet de bavarder ici, vous et moi, d'égal à égal … puisque vous avez le droit, puisque vous avez le devoir de me dire en face: "Je ne suis pas de votre avis, vous avez tort!" puisque vous devez me dire cela, sapristi! dites-le moi … si vous le pensez. Voyons, mon ami, dites-le moi donc.

BRAMBOURG. Dame.

CORLAIX. Je vous en prie.

BRAMBOURG. Eh bien, Commandant … vous êtes, vous pour l'indulgence contre la sévérité, et vous avez raison, vous, parce que vous êtes, vous, un cas particulier.

CORLAIX. C'est bien de l'honneur. Je me serais cru un cas tout à fait général.

BRAMBOURG. Oh! Commandant! vous êtes excessivement modeste. Un officier comme vous …

CORLAIX. C'est entendu. Si cela vous est égal, passons aux officiers … pas comme moi?

BRAMBOURG [s'inclinant]. C'est justement à eux que je voulais en venir … Je me trompe peut-être, mais j'imagine que ces officiers-là ne pourraient être comme vous … pour l'indulgence contre la sévérité … sans inconvénients majeurs.