D'ARTELLES, FERGASSOU, puis BIRODART, puis VERTILLAC, puis RABEUF, puis CORLAIX.
FERGASSOU. Savez-vous pourquoi elles complotent comme ça, ces petites femmes! Hé! pardi, c'est pour faire les adieux au mari sans qu'il y ait un public de tous les diables!
D'ARTELLES [inquiet]. Ils sont tous là-haut?
FERGASSOU. Évidemment. Ils n'ont pas de tact. Les femmes, voyez-vous [d'Artelles qui ne l'écoute pas, prête l'oreille aux bruits du dehors. Fergassou le prend par le bouton de sa veste]. Conférence, petite conférence. Nos femmes de France, voyez-vous, elles n'ont pas leurs pareilles; j'en ai connu de toutes les couleurs et de tous les sexes: de ces Congolaises qui vous donnent la chair de poule, comme les nuits sans étoiles, de ces Kabyles avec des seins comme des piquants qu'on a envie d'y accrocher son chapeau, de ces petites mécaniques de Japonaises toutes en cire et même des Laponnes qui semblent des chiens bassets trottant sur leurs pattes de derrière … Eh! bien, savez-vous quelle est celle qui m'a encore le mieux trompé? Mon cher, c'est une Auvergnate. Chaque fois qu'elle m'avait fait bien cocu,—je ne sais pas si je me fais comprendre,—mais là, bien comme il faut, elle s'arrangeait de telle façon que c'était encore moi, benêt qui devais la consoler. Ah! nos femmes de France! Bon Diou!
BIRODART [entrant]. Madame de Corlaix a laissé son sac quelque part, vous ne l'avez pas vu, d'Artelles?
D'ARTELLES. Non.
VERTILLAC [entrant]. Le sac doit être sous les coussins du divan. Madame
Corlaix croit se rappeler. [Les coussins sont retournés.]
RABEUF [entrant]. Non, pas sous les coussins, par terre, sous les tapis du bridge.
FERGASSOU [qui regarde]. Pas plus là que là-bas.
CORLAIX [entrant]. Ne cherchez pas. Le sac est dans une vraie cachette. La potiche qui est près de vous, Vertillac. [Vertillac retourne la potiche, le sac tombe.] Je vous demande pardon. [Vertillac sort emportant le sac. Corlaix va regarder par le sabord.]