D'ARTELLES. Elles sont secrètes, les tables de calcul.

BRAMBOURG. Mon pauvre vieux, il n'y a rien de secret. Tenez, l'année dernière, j'étais embarqué dans l'escadre internationale de l'Adriatique. Nos camarades Anglais, Italiens, Autrichiens, Allemands, les voyaient journellement, les signaux de reconnaissance. De là à les interprêter, à trouver le truc, il n'y a qu'un pas. [Regardant par le hublot.] En tout cas, nous sommes en guerre et voilà un croiseur qui avance sur nous aussi vite qu'il le peut. Mais regardez donc s'il avance! c'est naturel, ça? Bon Dieu! je remonte.

D'ARTELLES. [qui jette des regards inquiets vers le rideau.] C'est ça.

BRAMBOURG. Vous venez?

D'ARTELLES. Non

BRAMBOURG. Vous préférez attendre ici le branle-bas du combat?

D'ARTELLES [avec violence]. Mais taisez-vous donc!

BRAMBOURG. Ah ça! sommes-nous des femmes, pour avoir peur des mots?

D'ARTELLES. Vous êtes fou.

BRAMBOURG. Je ne crois pas, mon vieux, et je vous dit: Bonne chance!