—Bon!... Ça y est?... Avant partout!... Arrache!...
Et, têtue, héroïque, la baleinière deux, ressuscitée, se lance derechef à l'assaut de la barre,—à l'aviron cette fois...
Au flanc du Ça-Ira, la baleinière deux accoste. De si loin, les timoniers de veille n'ont pas vu l'accident, ni le renflouage: la barre faisait écran. Et l'officier de quart, debout à la coupée, considère avec quelque surprise cette embarcation inondée, ces matelots ruisselants et à bout de forces...
—Fichtre! le vin chaud ne sera pas de trop!
Cependant, 304, Le Kerrec, vient de monter à bord, non sans quelque difficulté: son bras cassé le pique dur, à présent, et enfle de minute en minute... L'officier de quart, soudain inquiet, voit devant lui un gars souriant, mais pâle comme un linge, et qui salue de la main gauche:
—Eh bien? eh bien? qu'avez-vous, Le Kerrec? Vous êtes blessé? où? comment?
Mais Le Kerrec,—304, Le Kerrec, patron de la baleinière deux, de la baleinière deux qui est là, sauvée, intacte, le long du bord!—hausse dédaigneusement les épaules:
—C'est rien, cap'taine! C'est pas gênant!... Mais je viens vous rendre compte pour la corvée de la baleinière... Alors, voilà, je vas vous dire, cap'taine: pour la corvée, rien de particulier[1].
[1] Seuls parmi ces Dix-Sept Histoires de Marins, les trois contes ci-dessus:—108, le Duc, ambassadeur,—la crapule,—la baleinière deux,—ne sont pas rigoureusement inédits. Sous des titres un peu différents: 108, le Duc, matelot,—464, Tiphaigne, matelot,—304, le Kerrec, matelot,—ils ont fait partie d'un recueil d'amateurs, paru chez Dorbon aîné, en 1909, et dont le tirage, strictement limité à 500 exemplaires tous numérotés, fut épuisé dès 1910, et ne sera jamais réédité.—C. F.