Felze se souvint à propos que le marquis Yorisaka n'aimait point les vieilles modes japonaises:
—Je suis très content,—affirma-t-il, imperceptiblement railleur;—très content!... Et j'espère réussir un portrait qui ne ressemblera pas aux toiles ordinaires... Quant à la pose, n'en parlons pas encore. J'ai l'habitude, même quand il s'agit d'un travail aussi hâté que celui-là, de croquer d'abord mon modèle sous toutes ses faces et dans toutes ses attitudes. J'obtiens ainsi douze ou quinze esquisses qui me sont en quelque sorte un répertoire vivant où je trouve toujours, et tout naturellement, la pose la plus juste et la meilleure. Ne vous inquiétez donc pas de votre peintre, madame... Asseyez-vous, causez, levez-vous, marchez et ne prenez pas garde au gribouilleur d'album qui, de temps en temps, donnera un coup de crayon en vous regardant.
Il avait ouvert un cahier de toile grise, et tout en parlant, dessinait déjà sur son genou.
—Mitsouko, fit observer le marquis Yorisaka en souriant,—voilà une façon de poser qui vous plaira...
Felze s'était interrompu, le crayon levé:
—Mitsouko?—questionna-t-il.—Excusez un ignorant qui ne sait pas trois mots de japonais... «Mitsouko» est-ce votre prénom, madame?
Elle eut presque l'air de demander pardon:
—Oui!... un prénom un peu bizarre, n'est-ce pas?
—Pas plus bizarre qu'aucun autre. Un joli prénom, et surtout bien féminin. Mitsouko, cela sonne doux...
Le commandant Fergan approuva: