Jean-François Felze accepta la pipe que lui présentait un des jeunes garçons agenouillés.
—Tant mieux!—avait répliqué Felze.—Il fait bon marcher par ce beau soir d'avril...
Une odeur de géranium flottait sur le chemin.
—Eh bien?—questionna tout à coup l'officier anglais.—Vous avez vu le ménage d'un marquis japonais et de sa femme... Spectacle assez rare pour les yeux d'un baka tôdjin, d'une brute d'étranger, comme tous deux nous sommes!... Assez rare, oui, et assez curieux aussi! Quelle est votre impression, monsieur Felze?
Felze sourit:
—Mon impression est excellente!... Le marquis japonais est un homme des plus courtois, même à l'égard des baka tôdjin, si j'en juge par ses propos d'aujourd'hui; et sa femme est une jolie femme...
Une satisfaction brilla dans les yeux de l'Anglais:
—Oui, n'est-ce pas?... Elle est tout à fait une jolie femme ... tellement mieux, en vérité, que les trois quarts de ses compatriotes!... Et si jeune, si fraîche! On ne se rend pas compte, à cause de cette peinture rose et blanche qui est exigée par la mode: il faut avoir la couleur des femmes d'Europe!... Et c'est dommage, parce que, dessous, la peau n'est pas plus jaune qu'un ivoire neuf, et vous n'imaginez pas de satin aussi doux. Elle a vingt-quatre ans à peine, la marquise Yorisaka!