—Oh! cher maître!... Que je suis confuse de vous avoir fait attendre si longtemps!
Et, toujours comme jadis, une menotte d'ivoire clair se tendit vers le baiser.
Mais cette fois, Felze, ayant touché de ses lèvres les doigts soyeux, ne répondit rien à la phrase d'accueil.
Sans prendre garde à ce silence, la marquise Yorisaka bavardait gaiement:
—Hé! nous pensions bien, Mrs. Hockley et moi, que vous auriez bientôt assez de votre excursion! Avez-vous été très loin? N'avez-vous pas reçu trop de pluie? Rapportez-vous de belles esquisses? Dès demain, j'irai à bord de l'Yseult, et je veux absolument que vous me montriez tout!
Elle parlait avec plus de hardiesse qu'autrefois. Elle était vêtue d'une robe Louis XV en mousseline brodée, rose sur rose. Elle portait une capeline de tulle à grandes brides nouées. Elle s'appuyait sur une ombrelle à falbalas, rose comme la robe. Et dans cet accoutrement, combiné pour la taille des femmes que l'on rencontre au Pré Catelan ou à Armenonville, elle paraissait, petite, petite, petite...
Felze toussa trois fois, puis entama une phrase:
—Je suis revenu...
—Hé!—dit la marquise Yorisaka,—je suis si contente que vous soyez revenu!
—Je suis revenu—répéta Felze...