Dans la gorge de Felze, les mots s'embarrassaient:
—Blessés ... grièvement blessés...
Le mot terrible ne voulait pas sortir. Quatre secondes encore se traînèrent.
—Morts,—dit enfin Felze, très bas.
Il avait ouvert les mains. Il avança légèrement les bras, prêt à soutenir la victime. Il avait vu souvent, en pareil cas, des femmes s'évanouir. Mais la marquise Yorisaka Mitsouko ne s'évanouit pas.
Alors, il s'éloigna un peu, pour mieux la voir. Toujours immobile et debout, on l'eût dit clouée à son mur,—crucifiée. Elle était très pâle. Elle semblait tout d'un coup grandie.
—Morts,—redit Felze,—morts très glorieusement.
Et il se tut, ne trouvant plus de paroles.
Alors les lèvres fardées s'agitèrent. Dans tout le visage figé et glacé, ces lèvres seules semblaient vivre, avec les yeux,—les yeux grands ouverts, pareils à deux lampes funéraires bien allumées:
—Défaite?... ou victoire?...