—Ensuite, être conduit dans un quartier qui s'appelle Diou Djen Dji.

—All right!...

Quelques phrases japonaises suivirent, ponctuées par les «Hé!» approbatifs du coureur.

—Voilà qui est fait. Votre homme ne se trompera pas, soyez tranquille. Vous dînerez dans une tchaya de la rue Manzaï machi... Et de là vous serez conduit à votre quartier de Diou Djen Dji, qui perche à mi-hauteur de la colline des grands cimetières... Et que vous disais-je? Il faut traverser un bout de Yoshivara pour parvenir là-haut. En pays japonais, on n'y échappe pas, monsieur Felze. Au revoir, et que les jolies oïran, derrière leur grillage de bambou, vous soient plaisantes!...


V

L'escalier, usé, moussu, branlant, grimpait tout droit au flanc de la colline, entre deux petits murs japonais, interrompus çà et là par des maisonnettes de bois, toutes obscures et silencieuses. Et le quartier endormi, avec ses jardinets déserts et ses chaumières muettes, semblait une avant-garde de l'immense ville des morts, du cimetière touffu et confus dont les tombes innombrables descendent en rangs serrés de tous les sommets d'alentour, et cernent, et pressent, et assiègent la ville, moins vaste, des vivants.

Jean-François Felze, au sommet de l'escalier, s'orienta.

Il avait laissé son kourouma au bas des marches: nulle voie carrossable n'accède à Diou Djen Dji. Et maintenant, seul parmi les sentiers de la montagne, il hésitait sur le bon chemin.

—Trois lanternes,—murmura-t-il,—trois lanternes violettes à la porte d'une maison basse...