Felze,—Jean-François Felze, de l'institut de France,—mit pied à terre.

Yorisaka koshakou?[1]—questionna-t-il, point trop sûr d'avoir été compris quand, tout à l'heure, avant de monter en voiture, il avait bredouillé, dans son japonais petit nègre, l'adresse apprise par cœur: «Chez le marquis Yorisaka, en sa villa du coteau des Cigognes, près le grand temple d'O-Souwa, au-dessus de Nagasaki...»

Mais le kouroumaya se prosterna dans un salut d'extrême respect.

Sayo dégosaïmas![2]—affirma-t-il.

Et Felze, reconnaissant la conjugaison très polie, dont on n'use pas toujours avec les Barbares, se souvint de la vénération persistante que le Japon moderne garde à son aristocratie d'autrefois. Il n'y a plus de daïmio; mais leurs fils, les princes, les marquis et les comtes, ont conservé, intact, le féodal prestige.

Cependant, Jean-François Felze avait frappé à la porte de la villa. Une servante nipponne, bien attifée d'une robe à grosse ceinture, ouvrit et correctement, tomba presque à quatre pattes devant le visiteur.

Yorisaka koshakou foudjin?—dit cette fois Felze, demandant, non plus le marquis, mais la marquise.

A quoi la servante répondit par une phrase que Felze ne comprit point, mais dont le sens correspondait évidemment à la formule occidentale: «Madame reçoit.»

Jean-François Felze tendit sa carte et suivit à travers la cour la Japonaise trotte-menu.

Elle était à peu près carrée, cette cour, quoique pourtant moins profonde que large; et l'on y marchait sur un gravier de tout petits galets noirs, nets et brillants comme des billes de marbre. Felze, étonné, se baissa pour en ramasser un: