—Votre mari, j'y songe... N'aurai-je pas le plaisir de le voir aujourd'hui?

—Non... Il fait une promenade en compagnie de notre ami le commandant Fergan... Ils sortent ainsi, très souvent... Et aujourd'hui, ils ne rentreront pas pour le thé.

—Je lisais encore hier, sur le Nagasaki Press...

Il s'arrêta. Le Nagasaki Press, complétant ses renseignements sur la flotte russe, toujours mouillée sur la côte annamite, avait annoncé le départ imminent de l'amiral Togo pour le sud. La marquise Yorisaka l'ignorait peut-être. Et convient-il d'apprendre trop brusquement à une jeune femme que son mari va partir pour la guerre?

Mais déjà, toute paisible, la marquise Yorisaka achevait la phrase interrompue:

—Dans le Nagasaki Press?... Ah! je sais!... le prochain appareillage de nos cuirassés?... J'ai lu aussi. Ce n'est peut-être pas immédiat, mais sûrement, cela ne tardera pas beaucoup.

Elle souriait avec une évidente sécurité. Felze, étonné, questionna:

—Est-ce que le marquis ne ralliera pas son navire, pour cet appareillage?

Elle ouvrit plus larges ses yeux minces:

—Mais si!... Tous les officiers rallieront, naturellement.