Il allait faire du lieu commun à rebours. Une voix très menue, chantante et bizarre, mais douce, et qui parlait français sans aucun accent, l'interrompit:

—Oh! cher maître!... Comme je suis confuse de vous avoir fait attendre si longtemps!...

La marquise Yorisaka entrait, et tendait sa main à baiser.

[1] Le marquis Yorisaka

[2] Ainsi honorablement c'est (Oui).


II

Jean-François Felze se piquait d'être philosophe. Et peut-être l'était-il en vérité, autant du moins qu'un homme d'Occident peut l'être. Par exemple, c'était sans le moindre effort qu'il adoptait, au cours de ses promenades par le monde, les usages, les mœurs, voire les costumes des peuples qu'il visitait... Tout à l'heure, à la porte de la maison, il avait voulu se déchausser, selon la politesse nipponne. Mais à présent, dans ce salon français, où résonnaient des paroles françaises, l'exotisme, évidemment, n'était plus de mise.

Jean-François Felze s'inclina donc comme il eût fait à Paris, et baisa la main qu'on lui offrait.

Puis, de ses yeux de peintre, prompts et perçants, il examina son hôtesse.