Il n'avait pas vu, sans doute. Car il parla, absolument calme:
—Mitsouko, vous ne dînerez pas avec nous, ce soir?
Elle s'était levée. Elle répondit, les yeux fixés vers la terre:
—Je suis très lasse. Je désirerais, en effet, si cela ne vous contrarie pas, être servie chez moi.
—Comme il vous plaira...
Elle était sortie. La porte, sans bruit avait glissé dans sa rainure. Herbert Fergan respira avec effort et passa sa main sur son front.
Amical et insinuant, Yorisaka Sadao fit quatre pas, et s'accouda au piano.
—Kimi, nous dînerons donc tête à tête, et nous causerons...
Il s'interrompit, plongea son regard au fond des yeux de l'Anglais:
—Nous causerons. J'ai beaucoup d'enseignements à recevoir encore de vous, beaucoup de conseils à vous demander. Il ne faut pas, il ne faut pas que nous recommencions la bataille du 10 août... Vous ne refuserez pas à un allié...